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Prise de parole : comme le prix du carburant

prise de parole : ce qu'on voit est le prix de la préparation

Quand on fait le plein, on regarde (avec courage) le prix affiché à la pompe et on pense au prix du baril, aux marchés internationaux, à la guerre, l’Iran, la Russie…

Or, en France, environ 60 % du prix payé à la pompe correspond aux taxes.
Autrement dit, ce que l’on croit n’explique qu’une partie de ce que l’on paie.

Pour la prise de parole, c’est assez comparable.
Quand quelqu’un intervient avec aisance, qu’il trouve les bons mots, qu’il accroche son auditoire et qu’il semble parfaitement naturel, on a souvent tendance à attribuer cela à son talent, à son charisme ou à une sorte de facilité personnelle innée.

Mais là encore, on ne voit qu’une partie de la chose.
Si je devais décomposer une bonne prise de parole, je dirais volontiers que 40 % se jouent devant le public et que 60 % se jouent avant.
Ces 60 %, ce sont le temps passé à clarifier son message, à chercher le bon exemple, à supprimer ce qui alourdit, à travailler son introduction, à anticiper les réactions, à répéter.

Le paradoxe, c’est que cette partie-là est invisible.
Le public ne voit que les dix minutes passées sur devant lui. Il ne voit pas les deux heures de préparation qui ont permis à ces dix minutes de paraître simples.

C’est sans doute pour cela que certains continuent à dire :
« Je préfère ne pas trop préparer, sinon je ne serai plus naturel. »
Ils confondent naturel et improvisation…


À la pompe, une grande partie du prix n’est pas dans le pétrole.
Dans une bonne prise de parole, une grande partie de la performance n’est pas dans le moment où l’on parle.
Elle est dans tout ce qui a été fait avant.