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đŸŽ€ Prendre la parole c’est risquer sa peau

prendre des risques en art oratoire

Dans son livre Skin in the Game : Hidden Asymmetries in Daily Life (2018), Nassim Nicholas Taleb développe une idée centrale :

> Personne ne devrait donner de conseils, prendre des décisions ou émettre des opinions sans en subir les conséquences.

Autrement dit :
Si tu joues, tu dois risquer ta peau.
Si tu agis sans risque personnel, tu n’es qu’un charlot.
C’est une philosophie de la responsabilitĂ© incarnĂ©e : 👉 pas de crĂ©dibilitĂ© sans risques.
Parler en public, ce n’est pas simplement transmettre de l’information.
C’est s’exposer.
Et c’est lĂ  que Taleb devient intĂ©ressant.

Un bon orateur a du « skin in the game » car :
Il met sa réputation en jeu.
Il assume les conséquences de ses propos (accord, désaccord, critiques
).
Il s’implique Ă©motionnellement dans ce qu’il dit.

À l’inverse :
Un orateur qui récite un texte neutre, sans conviction, ne prend aucun risque personnel.
Il est dans une asymétrie : il veut notre attention sans nous donner sa sincérité.

Taleb insiste sur la notion de symétrie :
> Celui qui a quelque chose Ă  gagner doit aussi avoir quelque chose Ă  perdre.
Si votre public vous donne du temps et de l’attention, vous devez lui donner en retour de l’authenticitĂ© et de l’engagement.

Si vous ne faites que rĂ©citer, vous profitez d’une asymĂ©trie injuste : vous tirez profit d’un public sans rien risquer vous-mĂȘme.
Une bonne prise de parole implique donc une bonne dose de courage oratoire.

Donc d’accepter :
– de ne pas plaire Ă  tout le monde.
– de dire des choses qu’on pense vraiment.
– de parler, quitte Ă  perdre quelque chose (image, prestige, consensus
).

Un orateur “talebien” n’est pas lisse : il est vrai, incarnĂ© et donc risquĂ©…

đŸ§© En une phrase : avoir du “skin in the game” en prise de parole, c’est ne pas parler depuis la thĂ©orie, mais depuis la peau. ⚜

Il faut mettre, comme on dit, sa peau au bout de ses idĂ©es 💡