Dans ce 21e siècle où le bruit l’emporter souvent sur la subtilité, l’art de convaincre sans forcer reste une compétence précieuse du leadership.
Aux 17e et 18e siècles, la parole était un art national.
Pas un outil de communication.
Dans les salons de Mme de Sévigné ou de Mme Geoffrin, la conversation se voulait aussi brillante que dans un traité philosophique mais l’on savait briller sans écraser.
Bossuet, quand il prêchait à la cour de Louis XIV, parlait sans notes, avec lenteur et solennité.
Avec une éloquence bien plus majestueuse que démonstrative.
Une autorité nait de la maîtrise du rythme, pas du volume ou de la volubilité.
Le mordant Voltaire écrivait : “Le secret d’ennuyer est celui de vouloir tout dire.”
Cette maxime traduit l’idée de l’économie du mot : l’art de suggérer plus qu’on n’explique.
Toute la tradition française de la parole tient dans cette phrase.
Convaincre, oui. Mais sans lourdeur.
Le leadership à la française, fait d’esprit et de mesure, est l’héritier d’une longue lignée : celle des moralistes, des prédicateurs, des diplomates.
L’art de convaincre sans en avoir l’air, c’est le fruit d’un pays où l’on pense avant de parler.
Dans mes formations, j’ai observé 2 extrêmes dans le leadership :
👉 ceux qui parlent trop, pour “occuper l’espace”
👉 ceux qui s’effacent trop, par peur de s’imposer
Le secret est ailleurs : il est dans l’énergie calme, cette force douce qui attire naturellement l’écoute.
Ah…convaincre sans jamais hausser le ton…
Une autorité digne de ce nom ne s’impose pas : elle se fait admettre, tout simplement, par sa justesse et par son calme.
On peut aussi séduire avec les mots.